Principes généraux de vaccination

par Dre Raphaëlle Dion
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EN RÉSUMÉ

  • Les vaccins sont sécuritaires. Ils passent par plusieurs phases avant d’être approuvés et sont l’une des mesures les plus efficaces sur le plan de la santé publique.
  • Les vaccins ne peuvent pas vous donner la maladie pour laquelle elle est supposée vous protéger, ni épuiser votre système immunitaire. Ils ne causent pas non plus l’autisme.
  • La vaccination demeure nécessaire même si plusieurs maladies contre lesquelles elles protègent sont devenues rares, et ce afin d’éviter leur retour.
  • L’immunité collective dépend du nombre de personnes qui seront vaccinées.
  • Bien que les bonnes habitudes de vie soient encouragées et qu’elles puissent être bénéfiques pour le système immunitaire, elles ne peuvent pas remplacer la vaccination.

Comment fonctionne un vaccin?

La majorité des vaccins sont inactivés, c’est-à-dire qu’ils contiennent des fragments de la bactérie ou du virus mort. Ils permettent au système immunitaire de se défendre contre l’infection, mais ne peuvent pas causer la maladie. Certains vaccins sont vivants, c’est-à-dire qu’ils contiennent de toutes petites quantités de la bactérie ou du virus, qui a été préalablement affaibli. Ces vaccins stimulent aussi le système immunitaire sans causer la maladie. Cependant, dans de rares cas, les gens recevant des vaccins vivants atténués peuvent développer des symptômes compatibles avec une forme légère de la maladie, qui n’est pas dangereuse et qui démontre que le vaccin fait son action. Ce type de vaccin est cependant contre-indiqué chez les personnes ayant un système immunitaire compromis par une maladie, car ceux-ci pourraient développer une forme plus sévère de la maladie.

Brève histoire de la vaccination

La chance que nous avons aujourd’hui d’avoir accès à de multiples vaccins pour nous protéger de toutes sortes de maladies découle des efforts de nombreux scientifiques depuis des siècles. En effet, les débuts du concept de la vaccination remontent à aussi loin que le Moyen Âge. À ce moment, la variole, une maladie très mortelle, faisait rage à travers le monde, tuant en moyenne un malade sur trois, souvent des enfants et des adolescents. Ceux qui n’en mouraient pas se retrouvaient souvent avec des séquelles handicapantes, comme une atteinte importante de leur vision ou la défiguration. Face à cette catastrophe incontrôlable, la communauté scientifique de l’époque a tenté sans relâche de trouver une solution. Après de multiples essais, ils ont ainsi découvert le principe d’inoculation, c’est-à-dire comment injecter une partie désactivée ou affaiblie du virus de la variole chez quelqu’un pour permettre à son organisme de se défendre contre le virus lors de leur prochaine rencontre, et ainsi les sauver de cette horrible maladie. Cette trouvaille, bien que d’une importance primordiale, n’était que la première étape d’un long perfectionnement. Les vaccins d’aujourd’hui s’en inspirent, mais le procédé a évolué et est bien évidemment beaucoup plus sécuritaire.

Grâce aux vaccins, la variole a été déclarée comme totalement éradiquée en 1980, un succès jamais vu. Aujourd’hui, une panoplie d’autres vaccins a fait ses preuves pour la prévention de toutes sortes de maladies graves.

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Le concept d’immunité collective

La vaccination permet non seulement de protéger la personne vaccinée, mais aussi son entourage et la population générale.

Certaines personnes ne peuvent être vaccinées, par exemple ceux et celles ayant certains problèmes de santé, un bébé trop jeune ou une personne immunosupprimée. Ainsi, ils sont à risque de contracter les maladies dont les vaccins protègent habituellement. Cependant, si la majorité des membres d’une communauté se fait vacciner, la transmission de ces maladies est grandement limitée, et les personnes à risque bénéficient donc de l’immunité collective.

Pour les personnes qui ne peuvent recevoir de vaccin en raison de leur vulnérabilité, comme mentionné précédemment, il est donc conseillé que les gens de leur famille et de leur entourage soient vaccinés afin de limiter la transmission de certaines maladies infectieuses et donc de les protéger.

Les vaccins sont-ils sécuritaires?

Oui! Avant qu’un vaccin ne soit administré aux humains, celui-ci est passé par plusieurs étapes: de multiples années de recherches, plusieurs essais cliniques, un grand nombre de vérifications et d’analyses effectuées par Santé Canada, par des professionnels de la santé ainsi que par la santé publique. Ainsi, le vaccin que vous recevez satisfait des normes très sévères, et est tout à fait sécuritaire.

Comme le vaccin n’est pas le virus ou l’agent pathogène lui-même (habituellement, il contient un virus atténué ou une partie du virus), il ne peut nous donner la maladie pour laquelle elle doit nous protéger. Par contre, certains effets secondaires habituellement mineurs peuvent survenir. Une fiche des effets secondaires, fréquents et rares, pour chaque vaccin est disponible sur le site du gouvernement du Québec:  (section “liste des vaccins offerts dans le calendrier de vaccination”.)

Mythes et questionnements concernant la vaccination

Il est parfois difficile de savoir distinguer le vrai du faux lorsqu’on lit des informations sur les vaccins. Toutes sortes de mythes circulent à propos des vaccins, souvent véhiculés par des gens n’ayant aucune formation dans le domaine scientifique. Il est important de savoir reconnaître quelles informations sont fiables afin de bien comprendre comment les interpréter. Voici une courte vidéo qui vous aidera:

Excellent vidéo (5:39 min) de Dre Caroline Quach, microbiologiste, infectiologue et épidémiologiste au CHU Ste-Justine, qui explique pourquoi la vaccination est importante et démystifie les craintes autour des vaccins et des informations pertinentes pour les parents et les professeurs afin d’éduquer les jeunes et moins jeunes à ce sujet.

Pour plus de réponses à vos questions, visitez ce lien.

Voici quelques exemples de mythes fréquemment véhiculés.

Faux.

La plupart des gens ont des craintes injustifiées face au vaccin et croient qu’il peut donner la maladie. Ce qui est faux. Tout d’abord, sachez que le rhume est différent de la grippe ( voir ici ).  Avec ou sans vaccins contre la grippe, plusieurs personnes auront des symptômes du rhume plus ou moins importants puisque nous n’avons pas de vaccin contre le rhume, ce dernier étant causé par une multitude de virus (adénovirus, rhinovirus, etc.). La croyance est tellement bien ancrée dans l’imaginaire des gens que s’ils contractent un rhume suffisamment sévère durant l’année de leur vaccination, ils feront un lien direct avec le vaccin anti-grippal alors qu’il n’est nullement en cause. Bien qu’il soit normal d’éprouver certains effets secondaires suite à la vaccination dont un malaise général, une légère fièvre, ou des courbatures, cela n’est pas le résultat d’une infection mais bien en raison du système immunitaire qui monte une défense afin de se préparer à affronter le vrai virus dans le futur.

Faux.

Le système immunitaire étant très bien fait, il peut réagir pour se défendre contre plus de 10 000 virus ou bactéries en même temps. Les quelques microbes contenus dans les vaccins administrés n’empêchent donc aucunement le système immunitaire de se défendre contre d’autres infections. C’est aussi la raison pour laquelle plusieurs vaccins peuvent être donnés en même temps sans crainte. (voir la fin de l’article sur la vaccination contre la covid-19 concernant l’efficacité de ce vaccin précisément)

Faux. Certains croient que l’homéopathie, les habitudes de vie ou les changements alimentaires peuvent remplacer la nécessité de se faire vacciner. S’il est vrai que de bonnes habitudes de vie nous aideront à mieux lutter contre des infections mineures, les maladies contre lesquelles les vaccins ont été développés sont beaucoup plus sérieuses et ces méthodes seront souvent insuffisantes. Le seul moyen pour le corps de développer une protection contre une maladie est d’être entré en contact avec cette maladie, ou son vaccin (voir la section: Comment fonctionne un vaccin?). Ainsi, les vaccins sont beaucoup plus sécuritaires que le fait d’attraper la maladie pour laquelle ils protègent.

Faux.

En 1998, un médecin a prétendu avoir trouvé un lien entre un vaccin et l’autisme chez les enfants. Cette étude était en fait une fraude scientifique, car on y présentait de fausses informations et l’auteur avait été payé pour le faire. Malgré qu’il ait été prouvé maintes et maintes fois qu’aucun lien n’existait entre l’autisme et la vaccination , le mythe circule toujours et fait beaucoup de dommage pour la santé de plusieurs.

Faux.

Certains vaccins contiennent des agents de conservation ou des adjuvants pour augmenter la réponse immunitaire et diminuer le nombre de doses nécessaires. Voici quelques exemples: 

Les sels d’aluminium: la quantité contenue dans un vaccin est minuscule, beaucoup moins grande que celle contenue par exemple dans des antiacides que plusieurs prennent au quotidien, et ce sans effets secondaires. Ils ne présentent donc aucun danger avec la vaccination.

Le thiomersal: il s’agit d’un dérivé du mercure qui est éliminé rapidement et ne pose aucun danger. Les gens se mélangent souvent avec d’autres dérivés du mercure qui sont différents et peuvent potentiellement être toxiques, mais ceux-là sont totalement absents des vaccins. De plus, la très grande majorité des vaccins au Canada n’en contiennent pas. Seul le vaccin multidose contre la grippe en contient encore et si les autres n’en contiennent plus, c’est principalement pour éviter la crainte (injustifiée) des gens à cet égard et éviter une baisse de la vaccination qui pourrait avoir des effets dévastateurs sur le retour de maladies graves.

Faux.

Si ces maladies sont aujourd’hui devenues très rares, c’est d’ailleurs grâce aux vaccins. Elles ne sont cependant pas disparues, et le fait de ne plus vacciner les gens contre ces infections permettrait aux bactéries et virus qui les causent de se transmettre à nouveau de personne en personne, et on ferait ainsi face à un retour fulgurant de maladies horribles.

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Dernière mise à jour : 2022-01-03