La vaccination contre la COVID19

par Dre Raphaëlle Dion
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EN RÉSUMÉ

  • La vaccination est efficace contre la covid-19. Même si elle n’est pas parfaite contre certains nouveaux variants, elle permet néanmoins de diminuer considérablement le risque de développer des complications (hospitalisation, décès).
  • La technologie des vaccins à ARN messager est connue et utilisée depuis plusieurs années déjà. Bien que le développement des vaccins contre la covid-19 se soit fait plus rapidement, les étapes de validation sécuritaire ont été suivies comme pour les autres vaccins. La rapidité de la mise en marché résulte surtout d’une collaboration internationale et de la diminution de la charge administrative et bureaucratique liée à la recherche, entre autres.
  • Même si vous avez déjà fait la covid-19, il peut être nécessaire d’avoir une vaccination complète contre la covid-19 (recevoir toutes les doses suggérées).

Pour prendre Rendez-vous pour se faire vacciner contre la covid-19, 2 choix s’offrent à vous:

Un résumé fort intéressant a été mis en ligne sur le site de Radio-Canada concernant le fonctionnement des différents vaccins disponibles contre le virus responsable de la Covid-19.

Une des inquiétudes qui revient souvent dans la population est la peur que le vaccin ait été développé trop rapidement, et donc ne soit pas sécuritaire. Mais c’est faux.

Bien qu’en général, le développement des vaccins puisse prendre plusieurs années, le contexte actuel de la pandémie est différent. Habituellement, de nombreuses étapes bureaucratiques prolongent le processus de recherche, alors que face à l’urgence de la situation actuelle, ces processus ont été accélérés dans l’intérêt de tous. Contrairement à ce que certains pourraient penser, la sécurité n’a aucunement été compromise puisque les mêmes phases ont été traversées (lien) pour le développement du vaccin contre la COVID-19 que pour les vaccins qui l’ont précédé. Davantage de personnes se sont aussi portées volontaires pour tester les phases expérimentales du vaccin, ainsi le recrutement n’a pas été un obstacle dans le temps, contrairement à d’autres situations.

Aussi, le vaccin contre la COVID-19 étant de toute évidence très attendu, tous les médias du monde surveillent de près la progression du développement du vaccin et les issus indésirables qui peuvent potentiellement s’en suivre, augmentant ainsi le niveau de sécurité. D’ailleurs, les vaccins actuels sont tous très efficaces.

L’inquiétude la plus répandue est celle d’une modification de notre code génétique par ces vaccins à ARN messagers ou à vecteur viral (ADN). Hors cela est impossible, tel que mentionné par plusieurs chercheurs et scientifiques comme Nathalie Grandvaux et vulgarisé par plusieurs autres comme Mathieu Nadeau-Vallée, « le médecin de TikTok », et par Jean-François Cliche du SoleilL’Agence Science Presse a aussi défait plusieurs mythes. Pour ceux chez qui, malgré ces explications, ces vaccins demeurent une source d’inquiétude, d’autres vaccins ne contenant pas d’ARN ni d’ADN pourront leur être offerts, étant disponibles depuis début 2022.

Après près d’un an de pandémie, 5 vaccins ont obtenu l’approbation de Santé Canada.

  • Pfizer/BioNTech (vaccin à base d’ARN messager)
  • Moderna (vaccin à base d’ARN messager)
  • AstraZeneca (vaccin à vecteur viral)
  • Covishield (vaccin à vecteur viral)
  • Johnson & Johnson (vaccin à vecteur viral)

(Pour en savoir davantage sur leur mode de fonctionnement, cliquez ici.)

Depuis février 2022, deux autres vaccins ont obtenus une approbation de Santé Canada et ces derniers sont différents des autres. En effet, il s’agit du vaccin Nuvaxovid de la compagnie Novavax, ainsi que Covifenz de la companie québécoise Medicago. 

Vaccin à particules pseudo-virales (à base de protéines recombinantes)

Nuxaxovid et Covifenz fonctionnent de la même façon. Dans les 2 cas, il n’y a aucun ARN messager qui sera reproduit dans les cellules de notre corps. En effet, l’ARN du virus est utilisé au préalable pour fabriquer les protéines qu’on retrouve à la surface du virus, et ces protéines sont ensuite produites à plus grande échelle et récoltées pour former un vaccin (chez Medicago, ce sont les plantes qui sont utilisées pour produire rapidement ces protéines). Une fois assemblées, elles ressemblent en partie au virus de la covid-19. C’est pourquoi une fois injectées dans notre corps, ces protéines sont reconnues comme intrues et des anticorps seront créés afin de se défendre. Lorsque le vrai virus attaquera la personne vaccinée, il sera plus facile de combattre l’infection. Les mêmes effets secondaires généraux que les autres vaccins sont attendus. Pour les autres effets secondaires, il faudra se référer au PIQ ou au site du gouvernement du Québec lorsque les données seront disponibles.

Tout comme les autres vaccins, la protection n’est pas totale. Cependant, dans les deux cas, il semblerait qu’ils procurent eux aussi une protection de 100% contre les formes graves de la maladie (pour ceux ayant un système immunitaire compétent).

Bien que les vaccins à ARNm aient démontré leur efficacité et leur sécurité, ces vaccins qui ne contiennent pas d’ARN messager constitueront une option supplémentaire pour ceux qui ne sont pas confortables avec les autres types de vaccin. Des informations supplémentaires seront probablement disponibles sous peu. Visitez Quebec.ca/coronavirus.

Vaccin à ARN Messager

Dans le cas des vaccins à ARNm, la technique utilisée pour produire le vaccin, c’est-à-dire le séquençage génétique, a été développée il y a de ça plusieurs années, bien avant l’arrivée de la COVID-19. Les compagnies développant le vaccin ont ainsi pu se servir de cette technologie rapidement.

Plusieurs mythes ont circulé au sujet des vaccins à ARN.

Certaines personnes se sont demandé si cet ARN pouvait modifier le code génétique de nos cellules. Comme il s’agit d’un brin d’ARN et qu’il n’est pas introduit dans le noyau de nos cellules, il est impossible de modifier notre ADN qui lui est contenu et protégé dans le noyau cellulaire.

D’autres s’inquiètent davantage des effets secondaires du vaccin. Il est important de savoir que tous les vaccins ont des effets secondaires. Le vaccin s’est montré très sécuritaire. L’administration des vaccins est d’ailleurs surveillée de près, et si une hausse anormale de gens tombants malades était détectée suite au vaccin, Santé Canada interviendrait pour interrompre la vaccination.

Il faut cependant faire attention aux fausses corrélations comme cela est bien décrit dans cet article du scientifique en chef du Québec intitulé «Des décès causés par le vaccin ? Attention aux fausses corrélations» 

Les vaccins Pfizer et Moderna sont très similaires en termes d’efficacité.

Les 2 vaccins à ARNm sont interchangeables, et il n’y a aucun risque de prendre des vaccins différents pour des doses futures pour les patients âgés de plus de 30 ans.

Pour les patients entre 12 et 29 ans, c’est le vaccin de Pfizer qui est recommandé car ce dernier serait associé à un moins grand risque de péricardite/myocardite associée au vaccin. En effet, ce lien a été observé chez les jeunes adultes et adolescents, mais demeure très faible. Aussi, ceux qui ont fait une de ces complications n’ont été hospitalisés que pendant une courte période pour observation seulement et avaient des symptômes très légers, qui se sont résolus rapidement.

Le vaccin n’est cependant pas recommandé pour les gens ayant déjà eu une réaction allergique grave à un vaccin du même type ou au polyéthylène glycol (toute personne ayant déjà fait une allergie à ce produit devrait être vue par un allergologue). Un vaccin à vecteur viral pourrait alors être recommandé.

Les effets secondaires de la vaccination sont comparables à ceux des autres vaccins. Pour plus de détails, consultez ce lien

Vaccins à vecteur viral

Ces vaccins utilisent une technologie bien connue, soit l’utilisation d’un virus inoffensif pour l’humain (adénovirus simien). La protéine S du coronavirus responsable de la covid-19 y a été encodé. Une fois ce virus dans notre organisme, nos cellules décoderont la protéine S, la fabriqueront et notre corps réagira en produisant des anticorps dirigés vers cette protéine S. Il s’agit d’un des antigènes de la covid-19 et si nous sommes infectés par le vrai virus de la covid, notre corps reconnaîtra la protéine S du virus comme étrangère et s’y attaquera.

Ces vaccins ont été sous surveillance et un possible lien avec de rares cas de thromboses a été soulevé.

Bien que faible, le risque de thrombose suivant la vaccination a été confirmé. C’est pourquoi le comité d’immunisation du Québec ne recommande plus l’utilisation des vaccins à vecteur viral comme première dose. Même s’il a été donné pour une première dose, le comité suggère plutôt de donner le vaccin à ARN messager (Pfizer ou Moderna) pour les doses subséquentes.

Les seuls cas où ces vaccins sont encore suggérés, c’est en cas de contre-indication au vaccin à ARN messager.

Cependant, il faut se rappeler que ces risques demeurent faibles et que même sans vaccin, des thromboses surviennent dans la population générale pour toutes sortes de raisons. En comparaison, le tabagisme est bien plus susceptible de causer des thromboses. Aussi, le risque de thrombose lié à la covid-19 est bien plus grand, sans compter tous les autres problèmes de santé liés à cette infection, menant parfois à l’hospitalisation et au décès.

Il faut aussi se rappeler qu’après avoir récupéré de la covid-19, certains ont ce qu’on appelle une « covid-longue », c’est-à-dire des symptômes qui perdurent dans le temps. Certains auront encore une capacité pulmonaire réduite (essoufflement), une fatigue importante, des troubles rénaux, ainsi que d’autres problèmes, et ce même 6 mois après l’infection initiale. Certains ont une perte du goût et/ou de l’odorat qui persiste (imaginez-vous manger votre repas favoris, et avoir seulement un goût de cendre ou une absence de goût sans savoir quand cela reviendra). Ces symptômes persistants peuvent donc avoir un impact sur la qualité de vie future. (voir efficacité vaccinale, plus bas)

Le vaccin comporte donc des risques beaucoup plus faibles en comparaison avec les risques liés à l’infection par la covid-19.

Le vaccin à vecteur viral n’est cependant pas recommandé pour les personnes ayant un antécédent d’allergie grave ou immédiate à un vaccin du même type ou contenant un de ses composés, de thrombocytopénie induite par l’héparine, de syndrome de fuite capillaire idiopathique (maladie de Clarkson), ou de TTIV (thrombocytopénie thrombotique immunitaire induite par le vaccin).

Les autres effets secondaires de la vaccination sont mineurs et comparables à ceux des autres vaccins. Pour plus de détails, consultez ce lien.

Pour les personnes ayant reçu un vaccin à vecteur viral dans les premières doses, cliquez ici pour vérifier ce que vous devez faire pour la suite de la vaccination.

En résumé, le vaccin contre la COVID-19 a effectivement été développé plus rapidement que ses prédécesseurs, mais nous ne partions pas de «zéro». Grâce aux nouvelles technologies en vaccination et de l’engouement créé par l’urgence de la situation, nous avons aujourd’hui l’espoir de diminuer les risques de développer une forme sévère de la maladie.

Les effets secondaires des vaccins contre la covid-19 sont mineurs dans la très grande majorité des cas et le bénéfice de la vaccination, même pour les vaccins à vecteur viral, est nettement plus grand puisqu’ils empêchent efficacement de développer une forme sévère de la maladie ou d’en décéder.

Vaccination de certains groupes particuliers de personnes

Les femmes enceintes

Les femmes enceintes ont un risque plus élevé de complications de la covid-19 et leur vaccination est fortement suggérée. Au Québec, ce sont les vaccins à ARN messagers qui sont recommandés et peuvent être donnés n’importe quand durant la grossesse, à tous les trimestres, et pendant l’allaitement aussi.

La SOGC (Société des Gynécologues et Obstétriciens du Canada) appuie fortement cette mesure.

Voyez ici les déclarations de la SOGC concernant la covid-19 dont une énoncé de position sur la vaccination contre la covid-19 pendant la grossesse, ainsi qu’une revue des mythes reliés au vaccin. 

Les personnes ayant reçues un vaccin à vecteur viral 

Pour les personnes ayant reçues un vaccin à vecteur viral dans les premières doses, cliquez ici pour vérifier ce que vous devez faire pour la suite de la vaccination. Ces vaccins ne sont plus donnés comme première dose, ni comme dose de rappel.

Les enfants

Les enfants sont un vecteur de transmission important de la maladie, et bien qu’ils soient en général moins atteints que les adultes, ils peuvent aussi développer des symptômes et des complications du virus.

Pour toutes les informations sur la vaccination des enfants, visitez le site internet du gouvernement à ce sujet sur la campagne de vaccination des 5 à 17 ans.

Les personnes ayant fait la covid (en date de décembre 2021):

  • En décembre 2021, la 3e dose du vaccin était considérée comme une dose de rappel, et n’était pas jugée nécessaire pour ceux ayant déjà fait la covid-19 (cependant, il fallait que ce soit prouvé par dépistage TAAN (PCR) au laboratoire, et les personnes immunosupprimées n’étaient pas inclus dans cette recommandation). 
  • Actuellement, seulement 2 doses du vaccin sont encore nécessaires pour avoir le statut d’«adéquatement protégé» sur le passeport vaccinal, mais le gouvernement a annoncé que dès que la majorité de la population aura pu se prévaloir des doses de rappel, il faudra avoir eu ses 3 doses de vaccin pour afficher ce statut, peu importe s’il y a eu infection à la covid ou non.
  • Malgré tout, plusieurs spécialistes s’accordent pour dire que la 3e dose est nécessaire peu importe si on a eu la covid ou non car les variants diffèrent les uns des autres. Dans tous les cas, la vaccination intégrale de toutes les doses est toujours possible, sans égard aux antécédents d’infection à la covid, si la personne le demande. Vérifiez les dernières informations sur la page du gouvernement du Québec et suivez les recommandations de la santé publique si elles diffèrent de celles que vous lirez, car celles-ci peuvent changer, si de nouvelles données scientifiques doivent être prises en compte.
  • Si un vaccin (dose de rappel) est donné après avoir été infecté par la covid-19, il est suggéré de le donner entre 8 et idéalement 12 semaines après l’infection afin de maximiser son efficacité. Mais puisqu’en ce moment, en l’absence de test PCR pour confirmer l’infection (les tests rapides étant moins fiables), il est aussi possible de donner le vaccin 10 jours ou un peu plus après avoir contracté l’infection, soit une fois que les symptômes sont disparus, pour éviter de retarder la vaccination et ainsi pouvoir en faire bénéficier un maximum de personnes. Le vaccin sera tout de même efficace. Il faudra cependant qu’un intervalle de 3 mois se soit écoulé entre cette dose et la dose précédente.
  • Il pourrait être donné après 21 jours seulement pour certaines personnes pour qui une vaccination rapide est nécessaire, notamment avant de donner une médication qui pourrait diminuer le système immunitaire.
Les personnes avec un système immunitaire diminué ou une maladie chronique sont aussi plus à risque de développer des complications.

Le programme québécois de cancérologie du Ministère de la santé et des services sociaux (MSSS) suggère une 4e dose du vaccin pour les patients immunosupprimés de 12 ans et plus (la directive demeure, pour le moment, de 2 doses seulement pour les 12 ans et moins).

L’intervalle suggéré entre les doses est de 4 semaines entre les doses 1 et 2, de 4 semaines ou plus entre les doses 2 et 3, et de 3 mois entre les doses 3 et 4.

Les voyageurs

Le vaccin à vecteur viral n’est pas reconnu dans tous les pays et dans certains cas, des doses de rappel avec un vaccin à ARN messager est nécessaire. 

(Par ailleurs, le gouvernement du Canada demande d’utiliser l’application gratuite ArriveCan pour tous les voyageurs entrant au pays. Plus d’informations en suivant ce lien.

Pour les informations les plus à jour, cliquez sur les liens suivants:

Efficacité vaccinale

Ces vaccins de première génération sont faits à partir de la souche initiale du virus, celle qui s’est transmise au début de la pandémie. Actuellement, quelques variants circulent déjà. Des variants sont d’autres souches de coronavirus qui ont mutées. La mutation peut être plus ou moins grande, et donc changer de façon plus ou moins importante l’aspect du virus (les protéines exprimées à sa surface). Si le variant a suffisamment muté, les anticorps que nous avons produits avec le vaccin pourraient ne pas reconnaître cette nouvelle version du virus et donc rendre ce dernier moins efficace ou inefficace.

Selon l’évolution de la pandémie et des variants, il se peut que d’autres vaccins soient développés en incluant les nouveaux variants découverts et qu’une vaccination annuelle, un peu comme le vaccin contre la grippe, soit nécessaire (à suivre).

Il faut cependant éviter de faire des comparaisons avec le vaccin contre la grippe car les vaccins contre la covid-19 sont faits à partir d’un virus dont nous connaissons la séquence génétique et c’est pourquoi tous les vaccins élaborés sont très efficaces. Pour la Grippe saisonnière, c’est plus compliqué. Pour le comprendre, lisez l’article sur la vaccination adulte dans la section du vaccin antigrippal.

Le vaccin EST efficace  contre le variant alpha et delta, entre autres. Contre Omicron, il est vrai qu’il perd de son efficacité car ce dernier a muté de façon considérable, ce qui explique sa haute contagiosité.

Pour Omicron, le vaccin est donc moins efficace (40% après 2 doses), mais il grimpe à 70% après 3 doses (environ), et empêche tout de même de façon très importante de faire une maladie sévère conduisant à une hospitalisation ou un décès (voyez ici et ici). Et c’est l’objectif. C’est pourquoi les scientifiques répètent que le vaccin n’empêche pas nécessairement d’être infecté ou de faire la maladie, mais qu’il empêche ses complications et réduit le nombre de jours durant lesquels on peut transmettre la maladie (car l’infection sera plus rapidement maîtrisée par notre corps déjà entraîné). 

C’est justement dans ces situations que des doses supplémentaires du vaccin peuvent être suggérées, afin d’en augmenter l’efficacité. Une étude américaine, parue en janvier 2022, confirme l’efficacité du vaccin contre les formes graves de la maladie causés par Delta et Omicron.

La vaccination pourrait réduire le risque du syndrome post-covid, mais il y a encore peu de données sur le sujet. Selon une étude parue dans The Lancet Infectious disease en septembre 2021, les personnes vaccinées auraient deux fois moins de risque d’avoir des symptômes persistants après 4 semaines par rapport aux non vaccinés.

Au moment d’écrire cet article, 3 doses sont suggérées afin d’avoir une protection plus efficace (4 pour les immunosupprimés). Cliquez ici pour prendre rendez-vous.

Vous aurez peut-être entendu parler de certaines données d’Afrique du Sud qui auraient montré que le variant omicron donnait possiblement des symptômes moins sévères que le variant delta. Certaines études britanniques semblent aller dans le même sens, mais il ne s’agit ici que de données préliminaires. Nous ne savons pas si cet effet est lié à une réelle baisse de la virulence du variant, ou si c’est le résultat d’une certaine protection vaccinale ou encore parce que les populations étudiées sont plus jeunes que dans les études avec le variant Delta. Mais même s’il s’avérait qu’Omicron mène à un risque moins élevé d’hospitalisation, il est loin d’être inoffensif. Étant donné sa très grande contagiosité, Omicron pourrait infecter une très grande partie de la population et sur le volume, il est certain que nous pourrions avoir autant d’hospitalisations que pour un variant plus sévère mais moins contagieux.

Ceci dit, tant qu’une majorité de gens (principalement les personnes vulnérables) n’auront pas reçu toutes leurs doses du vaccin, il est conseillé de continuer de porter le masque et de respecter les mesures sanitaires de la santé publique, même si vous êtes vaccinés. En effet, si le vaccin nous empêche d’attraper une forme grave de la maladie, il n’empêche pas totalement la possibilité que nous soyons porteurs du virus et donc de le transmettre, bien que la durée pendant laquelle nous pourrions transmettre le virus est moins longue chez une personne vaccinée contrairement à une personne qui ne l’est pas.

Il y a aussi une fausse idée répandue selon laquelle le vaccin ne protégerait pas contre le virus car certains se retrouvent quand même hospitalisés. Selon les données actuelles, les personnes non vaccinées représentent près de la moitié des hospitalisations. On pourrait alors penser qu’il y a autant de vaccinés que de non vaccinés hospitalisés. Hors, c’est une erreur de calcul de penser ainsi. En effet, en proportion, les non-vaccinés représentent un bien plus grand nombre puisque dans la population générale, il n’y a qu’environ 10% des gens qui ne sont pas vaccinés. Par exemple, prenons100 personnes dans une population fictive dont 90 sont vaccinées contre  seulement 10 non-vaccinées. Si 2 personnes de chacun des groupes se retrouvent à l’hôpital en raison de la covid-19, on pourrait dire qu’il y a autant de vaccinés que de non-vaccinés qui sont allés à l’hôpital, mais dans les faits, ça représente 2% des vaccinés contre 20% des non-vaccinés. Selon les données du 20 janvier 2022 (la tendance se maintient dans le temps), les non-vaccinés auraient 12,2 fois plus de chances de se retrouver hospitalisés aux soins intensifs, et 5,7 fois plus de chance d’être hospitalisés. Durant la même période, le journal Le Devoir mettait en lumière le fait que les personnes vaccinées qui se retrouvaient aux soins intensifs étaient en fait des personnes qui, malgré le vaccin, ne développaient pas une réponse immunitaire adéquate en raison d’une maladie (cancer sous chimiothérapie, greffe d’organe, hémodialyse ou maladie auto-immune). En effet, personne avec un système immunitaire sain n’avait été admis, à ce moment-là, aux soins intensifs (voyez l’article ici). Cela démontre bien l’efficacité du vaccin.

Pour terminer, il est à noter que certains arguments anti-vaccin tentent de montrer que les vaccins affaiblissent le système immunitaire, ce qui est totalement faux (voir l’article sur les principes généraux de la vaccination pour des détails, dans la section des mythes). Plus récemment, certains ont interprétés un article britannique en ce sens. Vous pourrez trouver les détails de l’étude dans l’excellent article du journal le Soleil qui explique bien qu’en réalité, l’interprétation de l’étude nous indique plutôt que les vaccins réussissent bien à maîtriser l’infection en apprenant à notre système immunitaire à réagir rapidement (c’est l’objectif des vaccins), et est donc tout à fait fonctionnel.

Il faut donc faire attention aux informations véhiculées par des groupes anti-vaccin car souvent, ces informations sont mal interprétées, ou parfois carrément non fondées.  Presque par hasard, Mathieu Nadeau-Vallée, le « médecin de TikTok », combat cette désinformation qui induit les gens hésitants en erreur au sujet de la covid-19. Ces gens sont en réalité des victimes de ces groupes qui, bien souvent, publient délibérément de fausses informations.

À Radio-Canada, une équipe de journalistes, Les Décrypteurs, fouillent le web et répondent aux questions des internautes afin de combattre la désinformation retrouvée sur les réseaux sociaux. Ils viennent donc rétablir les faits de plusieurs vidéos ou publications mensongères, sur la covid-19 et les vaccins, entre autres. Vous pouvez aussi suivre le #LaSciencedAbord sur les réseaux sociaux, un collectif qui tente de mettre un terme à la désinformation.

Dernière mise à jour: 2022-03-01

  Mise en garde importante

Les informations retrouvées dans cet article sont basées sur les données les plus récentes en date de la publication, mais pourraient changer selon la situation épidémiologique ou selon de nouvelles études. Continuez à rester informés via les conférences de Presse du gouvernement et leur site internet.