La vaccination contre la COVID19

par Dr Martin Lanoue & Dre Raphaëlle Dion
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EN RÉSUMÉ

  • La vaccination est efficace contre la covid-19. Même si elle n’est pas parfaite contre certains nouveaux variants, elle permet néanmoins de diminuer considérablement le risque de développer des complications (hospitalisation, décès).
  • La technologie des vaccins à ARN messager est connue et utilisée depuis plusieurs années déjà. Bien que le développement des vaccins contre la covid-19 se soit fait plus rapidement, les étapes de validation sécuritaire ont été suivies comme pour les autres vaccins. La rapidité de la mise en marché résulte surtout d’une collaboration internationale et de la diminution de la charge administrative et bureaucratique liée à la recherche, entre autres.
  • La protection conférée par la vaccination contre la COVID-19 ou par une infection contractée naturellement ne perdure pas dans le temps et des doses de rappel sont nécessaires; afin de bénéficier d’une protection accrue et renouvelée contre les nouveaux variants, le CCNI suggère à tous les Canadiens de recevoir une dose de rappel avec le nouveau vaccin qui est disponible depuis octobre 2023.
  • Il faut attendre environ 2 semaines après la vaccination pour bénéficier d’une efficacité maximale, mais il n’est jamais trop tard pour le faire.

Pour prendre Rendez-vous pour se faire vacciner contre la covid-19, 2 choix s’offrent à vous:

Un résumé fort intéressant a été mis en ligne sur le site de Radio-Canada concernant le fonctionnement des différents vaccins disponibles contre le virus responsable de la Covid-19.

Une des inquiétudes qui revient souvent dans la population est la peur que le vaccin ait été développé trop rapidement, et donc ne soit pas sécuritaire. Mais c’est faux.

Bien qu’en général, le développement des vaccins puisse prendre plusieurs années, le contexte actuel de la pandémie est différent. Habituellement, de nombreuses étapes bureaucratiques prolongent le processus de recherche, alors que face à l’urgence de la situation actuelle, ces processus ont été accélérés dans l’intérêt de tous.

Contrairement à ce que certains pourraient penser, la sécurité n’a aucunement été compromise puisque les mêmes phases ont été traversées (lien) pour le développement du vaccin contre la COVID-19 que pour les vaccins qui l’ont précédé. Davantage de personnes se sont aussi portées volontaires pour tester les phases expérimentales du vaccin, ainsi le recrutement n’a pas été un obstacle dans le temps, contrairement à d’autres situations.

Aussi, le vaccin contre la COVID-19 étant de toute évidence très attendu, tous les médias du monde surveillent de près la progression du développement du vaccin et les issus indésirables qui peuvent potentiellement s’en suivre, augmentant ainsi le niveau de sécurité. D’ailleurs, les vaccins actuels sont tous très efficaces.

L’inquiétude la plus répandue est celle d’une modification de notre code génétique par ces vaccins à ARN messagers ou à vecteur viral (ADN). Hors cela est impossible, tel que mentionné par plusieurs chercheurs et scientifiques comme Nathalie Grandvaux et vulgarisé par plusieurs autres comme Mathieu Nadeau-Vallée, « le médecin de TikTok », et par Jean-François Cliche du SoleilL’Agence Science Presse a aussi défait plusieurs mythes.

Pour ceux chez qui, malgré ces explications, ces vaccins demeurent une source d’inquiétude, d’autres vaccins ne contenant pas d’ARN ni d’ADN pourront leur être offerts. En effet, depuis février 2022, les vaccins Nuvaxovid de la compagnie Novavax, ainsi que Covifenz de la companie québécoise Medicago ont été approuvés par Santé Canada. Au Québec, seul Novovax est disponible pour le moment et vous pouvez trouver les endroits où il est offert en suivant ce lien.

Vaccin à ARN Messager

Dans le cas des vaccins à ARNm, la technique utilisée pour produire le vaccin, c’est-à-dire le séquençage génétique, a été développée il y a de ça plusieurs années, bien avant l’arrivée de la COVID-19. Les compagnies développant le vaccin ont ainsi pu se servir de cette technologie rapidement.

Plusieurs mythes ont circulé au sujet des vaccins à ARN.

Certaines personnes se sont demandé si cetARN pouvait modifier le code génétique de nos cellules. Comme il s’agit d’un brin d’ARN et qu’il n’est pas introduit dans le noyau de nos cellules, il est impossible de modifier notre ADN qui lui est contenu et protégé dans le noyau cellulaire.

D’autres s’inquiètent davantage des effets secondaires du vaccin. Il est important de savoir que tous les vaccins ont des effets secondaires. Le vaccin s’est montré très sécuritaire. L’administration des vaccins est d’ailleurs surveillée de près, et si une hausse anormale de gens tombants malades était détectée suite au vaccin, Santé Canada interviendrait pour interrompre la vaccination.

Il faut cependant faire attention aux fausses corrélations comme cela est bien décrit dans cet article du scientifique en chef du Québec intitulé «Des décès causés par le vaccin ? Attention aux fausses corrélations»

Les vaccins Pfizer et Moderna sont très similaires en termes d’efficacité.

Les 2 vaccins à ARNm sont interchangeables, et il n’y a aucun risque de prendre des vaccins différents pour des doses futures.

Le vaccin n’est cependant pas recommandé pour les gens ayant déjà eu une réaction allergique grave à un vaccin du même type ou au polyéthylène glycol (toute personne ayant déjà fait une allergie à ce produit devrait être vue par un allergologue). Un vaccin à base de protéines recombinantes pourrait alors être recommandé.

Les effets secondaires de la vaccination sont comparables à ceux des autres vaccins. Pour plus de détails, consultez ce lien.

Nuvaxovid et Covifenz fonctionnent de la même façon. Dans les 2 cas, il n’y a aucun ARN messager qui sera reproduit dans les cellules de notre corps. En effet, l’ARN du virus est utilisé au préalable pour fabriquer les protéines qu’on retrouve à la surface du virus, et ces protéines sont ensuite produites à plus grande échelle et récoltées pour former un vaccin (chez Medicago, ce sont les plantes qui sont utilisées pour produire rapidement ces protéines). Une fois assemblées, elles ressemblent en partie au virus de la covid-19. C’est pourquoi une fois injectées dans notre corps, ces protéines sont reconnues comme intrues et des anticorps seront créés afin de se défendre. Lorsque le vrai virus attaquera la personne vaccinée, il sera plus facile de combattre l’infection. Les mêmes effets secondaires généraux que les autres vaccins sont attendus. Pour les autres effets secondaires, il faudra se référer au PIQ ou au site du gouvernement du Québec lorsque les données seront disponibles.

Tout comme les autres vaccins, la protection n’est pas totale. Cependant, dans les deux cas, il semblerait qu’ils procurent eux aussi une excellente protection contre les formes graves de la maladie (pour ceux ayant un système immunitaire compétent, et selon les données de février 2022).

Bien que les vaccins à ARNm aient démontré leur efficacité et leur sécurité, ces vaccins qui ne contiennent pas d’ARN messager constitueront une option supplémentaire pour ceux qui ne sont pas confortables avec les autres types de vaccin, mais aussi pour ceux qui présentent une contre-indication aux vaccins à ARN messager.

Actuellement, seul le vaccin Novovax est disponible au Québec. Vous pourrez trouver les endroits où il est offert sur le site web du gouvernement du Québec qui dresse la liste des différents établissements de santé pour se faire vacciner avec ce vaccin spécifiquement.

Vaccins à vecteur viral

Ces vaccins utilisent une technologie bien connue, soit l’utilisation d’un virus inoffensif pour l’humain (adénovirus simien). La protéine S du coronavirus responsable de la covid-19 y a été encodé. Une fois ce virus dans notre organisme, nos cellules décoderont la protéine S, la fabriqueront et notre corps réagira en produisant des anticorps dirigés vers cette protéine S. Il s’agit d’un des antigènes de la covid-19 et si nous sommes infectés par le vrai virus de la covid, notre corps reconnaîtra la protéine S du virus comme étrangère et s’y attaquera.

Ces vaccins ont été sous surveillance et un possible lien avec de rares cas de thromboses a été soulevé.

Bien que faible, le risque de thrombose suivant la vaccination a été confirmé. C’est pourquoi le comité d’immunisation du Québec ne recommande plus l’utilisation des vaccins à vecteur viral comme première dose. Même s’il a été donné pour une première dose, le comité suggère plutôt de donner le vaccin à ARN messager (Pfizer ou Moderna) pour les doses subséquentes.

Vaccination

Quand aller se faire vacciner?

Dès maintenant! (cliquez ici).

Le plus important est que les populations les plus à risque aillent chercher le plus récent vaccin, peu importe lequel il s’agit. La vaccination contre la COVID-19 est fortement recommandée et
cible avant tout les personnes âgées et les personnes de tout âge ayant des
maladies chroniques ou des conditions médicales ou sociales particulières les
mettant à plus grand risque de complications  (les doses et les
recommandations vaccinales sont détaillées plus bas). Le risque est d’autant
plus important 
si la dernière vaccination date de plus de 6 à 12 mois et qu’ils
n’ont jamais attrapé la COVID-19 encore. 

 

La protection conférée par la vaccination contre la COVID-19 ou par une infection contractée naturellement ne perdure pas dans le temps et des doses de rappel sont nécessaires; afin de bénéficier d’une protection accrue et renouvelée contre les nouveaux variants, le CCNI suggère à tous les Canadiens de recevoir une dose de rappel avec le nouveau vaccin qui est disponible depuis octobre 2023.

 

Il faut attendre environ 2 semaines après la vaccination pour bénéficier d’une efficacité maximale. C’est le temps moyen que le corps nécessite pour la production des anticorps qui nous protégeront. Mais il n’est jamais trop tard pour le faire.

 

 

Pour plus d’information sur la vaccination et sur l’évolution de la COVID-19 dans la province, il est préférable de consulter l’article Info-COVID qui est régulièrement mis à jour. Vous retrouverez notamment dans cet article les indications de vaccination, le nombre de doses de rappel suggérées et une liste des populations jugées à risque. Nous vous encourageons aussi à écouter les points de presse de la santé publique. 

Efficacité vaccinale

Sans éviter l’infection, la vaccination protège encore très bien, autant chez les adultes que chez les enfants, contre les complications graves de la maladie, les hospitalisations, ainsi que les décès. 

Il faut aussi se rappeler qu’après avoir récupéré de la covid-19, certains ont ce qu’on appelle une « covid-longue » (ou syndrome post-covid), c’est-à-dire des symptômes qui perdurent dans le temps. Certains auront encore une capacité pulmonaire réduite (essoufflement), une fatigue importante, des troubles rénaux, ainsi que d’autres problèmes, et ce même 6 mois après l’infection initiale. Certains ont une perte du goût et/ou de l’odorat qui persiste (imaginez-vous manger votre repas favoris, et avoir seulement un goût de cendre ou une absence de goût sans savoir quand cela reviendra). Ces symptômes persistants peuvent donc avoir un impact sur la qualité de vie future. (voir efficacité vaccinale, plus bas)

La vaccination réduit la sévérité des symptômes et les risques de développer une COVID longue. Un article paru en août 2023 dans le Lancet Microbe nous apprend que « la vaccination est associée à une réduction à court et à long termes de l’inflammation, ce qui pourrait en partie expliquer la réduction de la gravité de la maladie et de la mortalité chez les personnes vaccinées ».

 

Pour terminer, il est à noter que certains arguments anti-vaccin tentent de montrer que les vaccins affaiblissent le système immunitaire, ce qui est totalement faux (voir l’article sur les principes généraux de la vaccination pour des détails, dans la section des mythes). Plus récemment, certains ont interprétés un article britannique en ce sens. Vous pourrez trouver les détails de l’étude dans l’excellent article du journal le Soleil qui explique bien qu’en réalité, l’interprétation de l’étude nous indique plutôt que les vaccins réussissent bien à maîtriser l’infection en apprenant à notre système immunitaire à réagir rapidement (c’est l’objectif des vaccins), et est donc tout à fait fonctionnel.

Une autre étude semblait attribuer toute sorte d’effets indésirables inquiétants aux vaccins. Après analyse, l’étude ne démontre rien de tel. Le scientifique en chef du Québec, dans un article publié en mai 2022, remet les choses en perspective.

Il faut donc faire attention aux informations véhiculées par des groupes anti-vaccin car souvent, ces informations sont mal interprétées, ou parfois carrément non fondées.  Presque par hasard, Mathieu Nadeau-Vallée, le « médecin de TikTok », combat cette désinformation qui induit les gens hésitants en erreur au sujet de la covid-19. Ces gens sont en réalité des victimes de ces groupes qui, bien souvent, publient délibérément de fausses informations.

À Radio-Canada, une équipe de journalistes, Les Décrypteurs, fouillent le web et répondent aux questions des internautes afin de combattre la désinformation retrouvée sur les réseaux sociaux. Ils viennent donc rétablir les faits de plusieurs vidéos ou publications mensongères, sur la covid-19 et les vaccins, entre autres. Vous pouvez aussi suivre le #LaSciencedAbord sur les réseaux sociaux, un collectif qui tente de mettre un terme à la désinformation.

Dernière mise à jour: 2023-12-13

  Mise en garde importante Les informations retrouvées dans cet article sont basées sur les données les plus récentes en date de la publication, mais pourraient changer selon la situation épidémiologique ou selon de nouvelles études. Continuez à rester informés via les conférences de Presse du gouvernement et leur site internet.