La vaccination chez les enfants

par Dre Raphaëlle Dion
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EN RÉSUMÉ

  • Les enfants étant particulièrement vulnérables aux maladies durant leur première année de vie, leur administrer des vaccins dès leurs premiers mois leur permet de maintenir une meilleure santé.
  • Si ces vaccins font partie du calendrier vaccinal régulier, c’est parce que les maladies contre lesquelles ils nous protègent peuvent entraîner des problèmes de santé importants et des séquelles majeures, allant jusqu’à la mort dans certains cas. De plus, leur traitement est parfois limité et la meilleure façon de les prévenir est la vaccination.
  • Plusieurs parents se font vacciner, mais hésitent pour leurs enfants. Il est normal de réagir ainsi. Cependant, ce qu’il faut retenir, c’est que les vaccins sont sécuritaires et que vouloir le bien de nos enfants consiste justement à les faire vacciner.

La vaccination chez les enfants leur permet de les protéger contre diverses maladies graves dès leur jeune âge. Les enfants étant particulièrement vulnérables aux maladies durant leur première année de vie, leur administrer des vaccins dès leurs premiers mois leur permet de maintenir une meilleure santé.

Durant l’enfance, plusieurs vaccins sont parfois donnés en une même visite. Ceci permet entre autres de les protéger le plus jeune possible contre les maladies et de limiter le stress que vit l’enfant en diminuant le nombre de rendez-vous pour la vaccination. Le fait de donner plusieurs vaccins en même temps a été démontré comme étant très sécuritaire, n’augmentant pas la fréquence ni l’intensité des effets secondaires. Lorsque possible, les vaccins sont regroupés en vaccin combiné, c’est-à-dire une seule injection qui permettra à votre enfant de combattre plusieurs maladies.

source: https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/vaccination/vaccination-des-enfants/

Hésitations face à la vaccination?

En 1998, un médecin a prétendu avoir trouvé un lien entre un vaccin et l’autisme chez les enfants. Cette étude était en fait une fraude scientifique, car on y présentait de fausses informations et l’auteur avait été payé pour le faire. Malgré qu’il ait été prouvé maintes et maintes fois qu’aucun lien n’existait entre l’autisme et la vaccination, le mythe circule toujours et fait beaucoup de dommage pour la santé de plusieurs.

Il existe plusieurs autres mythes liés à la vaccination et nous vous invitons à lire l’article sur les principes généraux de la vaccination afin d’en apprendre davantage.

Malgré tout, lire un simple texte n’est peut-être pas suffisant pour dissiper toute crainte possible. Plusieurs personnes sont prêtes à se faire vacciner car elles comprennent les bienfaits associés, mais hésitent pour leurs enfants. Il est normal de réagir ainsi car on ne veut que le bien de nos enfants et on se questionne alors davantage. Cependant, notre réflexion est alors beaucoup plus émotive que rationnelle et basée sur les faits. Ce qu’il faut retenir, c’est que les vaccins sont sécuritaires et que vouloir le bien de nos enfants consiste justement à les faire vacciner afin d’éviter des maladies graves. Il est donc fortement conseillé d’écrire vos questions et de les poser directement à votre médecin, infirmière ou pharmacien, afin d’obtenir des réponses précises à votre situation particulière.

Quels vaccins sont disponibles pour mon enfant?

Pour connaitre les vaccins et les âges auxquels votre enfant doit les recevoir, faites le suivi avec votre médecin, et consultez le calendrier vaccinal.

Voici une brève description de ces vaccins. Les maladies contre lesquelles ces vaccins nous protègent peuvent avoir des séquelles importantes sur notre santé et ces complications graves expliquent leur présence dans le calendrier régulier de vaccination. En effet, bien qu’on ne les rencontre plus beaucoup grâce à la vaccination, ces maladies n’ont pas disparu et dans plusieurs cas, une fois l’infection contractée, peu de traitements sont disponibles. Le seul moyen de les prévenir est la vaccination.

Si la vaccination à l’enfance est incomplète, un rattrapage vaccinal peut toujours s’effectuer dans les centres de vaccination.

À noter que si votre enfant est atteint d’une maladie chronique, prend des médicaments ou est atteint d’une maladie affaiblissant le système immunitaire, des rappels supplémentaires pourraient être nécessaires dans le futur afin de maintenir leur efficacité, et il est possible que certains vaccins ne puissent pas lui être administrés dans l’immédiat. Il faudra alors en discuter avec son médecin et s’assurer que les suivis seront effectués.

Vaccin contre le méningocoque:

  • Le méningocoque peut provoquer une inflammation du cerveau (méningite) et une septicémie, c’est-à-dire une infection grave qui a atteint la circulation sanguine et qui peut donc entraîner des dommages importants à plusieurs organes. En effet, la majorité des enfants infectés peuvent mourir ou avoir des séquelles importantes de cette maladie s’ils ne sont pas traités. Même avec des traitements, 1/15 mourra. Parmi les séquelles possibles, notons la surdité, des cicatrices, l’amputation d’un membre, des problèmes rénaux, des séquelles neurologiques, des troubles moteurs et des problèmes cardiovasculaires. Heureusement, la vaccination est très efficace.
  • Il existe 1 vaccin offert aux jeunes enfants via le programme de vaccination (MenC-C), ainsi qu’un autre vaccin offert aux enfants plus vulnérables (Men-C-ACYW).
  • Un 3e vaccin existe, mais doit être payé par les parents qui désirent le donner à leurs enfants: le Men-B qui protège contre le méningocoque du groupe B. Il devrait être administré aux enfants vulnérables, mais est aussi offert aux autres enfants. Il est donc important d’en parler avec votre médecin.

Vaccin DCaT‑HB‑VPI‑Hib:

  • Ce vaccin protège contre plusieurs maladies très graves.
  • La polio qui a fait des ravages par le passé, avant l’ère de la vaccination (voir le podcast en 5 minutes sur qub radio). En effet, cette maladie peut causer une forme grave chez 1% des cas et provoquer la paralysie d’un membre ou encore des muscles respiratoires et entraîner le décès.
  • Le Hib (haemophilus influenzae), peut entraîner une méningite pouvant entraîner la mort.
  • 1/10 personne atteinte de Diphtérie mourra, et le constat est pire chez les jeunes bébés. Ce nombre grimpe à 1-8/10 chez les gens atteints de tétanos, une maladie qui cause des spasmes musculaires intenses.
  • La coqueluche donne de la toux importante et peut occasionner des pneumonies et des lésions cérébrales.
  • Le vaccin contre l’Hépatite B est traité plus bas.

Vaccin contre le Rotavirus:

  • Ce virus provoque des diarrhées importantes chez les jeunes enfants affectés et peut occasionner des hospitalisations et de la déshydratation et c’est la raison pour laquelle il est conseillé.

Vaccin RRO:

  • Ce vaccin protège contre 3 virus: la rougeole, la rubéole et les oreillons.
  • La rougeole est très contagieuse et peut parfois causer des problèmes respiratoires importants ainsi que s’attaquer au cerveau et même entraîner le décès.
  • Les oreillons s’attaquent aux glandes salivaires, mais peuvent aussi avoir des complications au cerveau sous forme de méningite ou d’encéphalite par exemple. Ils peuvent aussi atteindre les testicules (orchite) et causer une infertilité chez les garçons.
  • Pour ce qui est de la rubéole, elle est généralement peu sévère chez les enfants, mais est très dangereuses chez les femmes enceintes car elle peut alors causer des problèmes à l’enfant à naître. (Le médecin vérifie chez la femme enceinte si elle est immunisé contre cette maladie).

Vaccin contre la Varicelle:

  • Quand on parle de la varicelle, la plupart des gens pensent à une maladie bénigne. Mais outre le fait qu’elle puisse être très incommodante (boutons, démangeaisons, etc.), elle peut aussi avoir des complications graves (infection de la peau, pneumonie, méningite (inflammation du cerveau), etc.).

Vaccin contre le Pneumocoque:

Les pneumococcies sont un groupe de bactéries qui peuvent causer des infections graves (méningite, pneumonie, infection du sang, otite, etc.). Un vaccin est donné chez les enfants, et il est aussi offert à l’âge adulte (voir vaccination adulte).

Vaccin contre l’Hépatite B:

  • Ce virus, qui se transmet par les liquides biologiques (sexuels et par le sang), mais aussi de la mère à l’enfant lors de l’accouchement, affecte le foie et peut donner de la fièvre, de la fatigue et une “jaunisse”. Elle peut aussi dans plusieurs cas ne donner aucun symptôme. Plus la maladie est contractée en jeune âge, plus le risque d’être porteur de ce virus, à vie, est grand. En étant porteur du virus, nous avons plus de chance de le transmettre, mais aussi d’en développer les complications dans le futur (insuffisance hépatique, cirrhose du foie ou cancer du foie). À noter que la transmission de la mère à l’enfant est devenue rare dans les pays développés, la mère étant systématiquement dépistée pendant la grossesse.

Vaccin contre l’Hépatite A:

  • Le virus est excrété dans les selles de la personne infectée. Il se transmet alors soit par contact direct ou par des aliments que la personne infectée aurait pu toucher. Le lavage des mains est important pour diminuer la transmission. Il y a habituellement peu ou pas de symptômes et s’il y en a, ils ressemblent à ceux de l’hépatite B, mais en moins sévère. De plus, il n’y a pas de complication à long-terme. On l’associe souvent aux voyages, mais il peut aussi être contracté ici-même (par une personne infectée, ou par des aliments importés et contaminés par exemple)

VPH

Comment préparer son enfant à la vaccination?

Des conseils existent d’ailleurs afin de préparer votre enfant à la vaccination afin de diminuer son stress et sa douleur. Consultez la page suivante pour en savoir davantage.

Dernière mise à jour: le 2022-01-03